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Depuis qu’elle a sombré le 22 avril à environ 70 km des côtes américaines, faisant onze morts, la plateforme « Deepwater » relâche chaque jour quelque 800 000 litres de pétrole.
BP (British Petroleum) a posé une chape sous l’eau au-dessus des fuites de pétrole, mais elle a dû être immédiatement enlevée en raison de la formation de cristaux ressemblant à de la glace, conséquence d’une réaction chimique. Cette chape de confinement de 70 tonnes est la première des trois, elle devait permettre de récupérer le pétrole et de l’aspirer grâce à un bateau de forage, l’Enterprise, situé à la surface. Pendant trois jours, des vents forts et une mer houleuse ont empêché les équipes d’intervention de tenter d’endiguer la nappe qui s’étend désormais sur plus de 200 km de long et 110 km de large. Et avec le changement de la direction des vents, les plages touristiques de la Floride étaient fortement menacées par la progression de la nappe
Des équipes ont déjà testé une nouvelle technique qui consiste à injecter du dispersant dans le pétrole dès qu’il se répand dans l’eau, avant même qu’il ne rejoigne la surface. Près de 200 bateaux se trouvent aux abords de la nappe, des dizaines de kilomètres de barrages flottants ont été déployés et près de quatre millions de litres d’eau et de pétrole ont été récupérés.
Les garde-côtes envisagent d’installer des stations de nettoyage pour les cargos remontant le Mississippi afin d’éviter qu’ils ne traînent du pétrole dans une des voies navigables les plus empruntées au monde.
Les autorités prévoient par ailleurs d’ouvrir une deuxième base aérienne pour faire décoller les avions chargés de répandre les produits chimiques dispersants sur la nappe qui a commencé à toucher jeudi des îlots situés au large du delta du Mississippi en Louisiane. Alors que la pression de Washington s’accentuait, BP a annoncé lundi qu’il débloquait une enveloppe de 25 millions de dollars pour les États américains qui vont être touchés par la marée noire et qu’il assumerait tous les coûts nécessaires et appropriés de nettoyage. Le président Barack Obama avait déjà incriminé le groupe pétrolier dimanche au cours d’une visite sur les côtes de Louisiane : « BP est responsable de cette fuite. BP paiera », avait-il dit. Les autorités américaines ont en outre annoncé lundi la création d’une commission chargée d’examiner la sécurité des opérations à bord des plateformes pétrolières et de renforcer les contrôles des équipements. Autre conséquence de la marée noire, le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger s’est déclaré lundi opposé aux forages pétroliers au large de la Californie, qu’il soutenait résolument jusqu’alors. Cette catastrophe pourrait dépasser en ampleur celle de l’Exxon Valdez, la pire de l’histoire américaine, en 1989 au large de l’Alaska. La superficie de la nappe était évaluée à plus de 1500 km2. Poussées par de forts vents de sud-est, les premières plaques de pétrole libérées par le naufrage de la plateforme Deepwater Horizon avaient touché dès jeudi soir des marais proches de l’embouchure du Mississippi. Pour les oiseaux, c’est le pire moment : c’est la période de reproduction et de nidification. Les marais côtiers de Louisiane constituent un sanctuaire pour la faune et des barrages flottants ont été déployés sur près de 50 km pour tenter d’endiguer la nappe de pétrole. Une partie des eaux du Mississippi, le plus grand fleuve du pays, était détournée en direction des marais afin de repousser la marée noire .
État d’urgence
Bobby Jindal, le gouverneur de la Louisiane déjà sinistrée par le passage en 2005 de l’ouragan Katrina, a décrété jeudi l’état d’urgence et demandé l’envoi de 6000 réservistes de la Garde nationale. Le Pentagone a autorisé vendredi soir le déploiement de la garde nationale de Louisiane. Le gouvernement américain a décrété la marée noire « catastrophe nationale », ce qui permet l’utilisation de moyens venant de tout le pays. La nappe de pétrole menace aussi le Mississippi, l’Alabama et la Floride, où l’état d’urgence a été proclamé vendredi. Le gouverneur de Floride, Charlie Crist, a annoncé un risque « de catastrophe de grande envergure » dans cet Etat très axé sur le tourisme.
The United States faces a national crisis as oil pours into the Gulf of Mexico. A petroleum platform called Deepwater, owned by British Petroleum, exploded on the 22 of April. Oil has turned a large section of the American coast black. Governor Bobby Jindal (R-LA) declared a state of emergency and mobilized 6,000 soldiers of the National Guard. Although BP has announced it will pay for the clean-up of the Gulf, the impact of the spill on the American economy is yet to be seen. Billions of dollars in revenue (chiefly from tourists) will be lost in Florida and Louisiana.